Défi 314 des croqueurs de mots : L'éponge et la carafe à vin
Pour le défi 314 des croqueurs de mots que j'ai le plaisir d'animer où je vous demandais de faire dialoguer 2 ustensiles de cuisine dans la cuisine d'un restaurant qui pourrait faire l'objet de l'émission de télévision : Cauchemar en cuisine.
J'ai choisi l'éponge dépressive et la carafe à vin résignée et philosophe :
Dans la cuisine d'un horrible caboulot
Une éponge s'adresse à la carafe à vin :
L'éponge amicale :
- Mon amie j'en assez de boire de l'eau, verse moi un peu de ton bordeaux
La carafe péremptoire :
- Que Nenni, tu vomirais cette piquette odieuse
L'éponge dégoûtée :
- j'aimerais bien gerber seule, je n'y parviens pas. Le chef doit me presser avec ses mains crasseuses.
La carafe compréhensive
- je comprends que tu déprimes autant. Je l'ai vu l'autre jour te passer dans le presse agrume pour recupérer ton sale jus
L'éponge outrée et moqueuse
- il avait abusé de ta piquette, la carafe et comme je suis jaune, il m'a pris pour un citron.
La carafe moqueuse
- Le chef boit comme toi, comme une éponge !
L'éponge agacée
- Ce n'est pas drôle, moi je ne ne bois que de l'eau et des jus insipides qui débordent de la cocotte !
La carafe philosophe
- Pauvres clients, s'il en existe encore qui vont manger leur salade à la sauce éponge accompagné d'une bibine carafée. On ne peut rien pour eux, c'est ainsi !
Le chef rentre dans la cuisine et en colère menace
- Arrêtez de cancaner et passez l'éponge sur mes faiblesses si vous ne voulez pas rester en carafe après le passage du Chef Etchevest.
L'éponge déprimée et suicidaire :
- Je serais complétement usée avant de passer sur toutes vos faiblesses, alors j'en ai rien à faire de rester en carafe, jetez l'éponge et moi avec
J'avais proposé ce défi d'écriture à mes amis de l'atelier d'écriture que j'anime en les faisant travailler en duo . Voici ci-dessous en vidéo et sur le blog de l'atelier, la pièce que nous avons écrit en commun en vidéo et pour ceux qui préfère l'écrit
Bof Chef : la révolte des objets de cuisine
Dans la cuisine de bof chef, les ustensiles et objets disséminés sur le plan de travail sont en révolte contre le chef, les commis inexpérimentés et l’état de la cuisine graisseuse avec au sol quelques crottes de souris disséminées. Soudain, ils déversent leurs dépit et colère auprès de leurs compagnons d’infortune.
SCÈNE 1
Béatrice : la balance / Annick : la louche / Chouchou : La passoire / Hélène : la roulette à Pizza
La balance (accusatrice) :
Tu m’as l’air sacrément louche dans cette cuisine ! Et je sais de quoi je parle, foi de balance.
La louche (prévenante) :
Je vois arriver le commis qui va te gaver de farine pour te la verser comme d’habitude la moitié à côté !
La balance (colérique) :
Tu vas voir ce que je vais lui balancer ! C’est un gros nul, un commis qui rate tout et n’apporte aucune aide au Chef ! Je vais bloquer mes aiguilles !
La louche :
(hilare)Tu as raison, on va bien rire , (suspicieuse) j’ai d’ailleurs toujours trouvé louche ce boutonneux !
La balance (suspicieuse) :
Et sa farine… tu ne lui trouves pas une drôle de texture ? Et si c’était de la dope ? Vu l’heure, c’est un peu tard pour des préparations !
La louche :
(rassurante) Je n’avais pas pensé à la dope. Vu la qualité des mets, je pensais plutôt à du plâtre. (plaintive) Mais il est vrai que mon strabisme ne me permet pas toujours d’y voir clair.
La balance (moqueuse) :
Je sais, car je t’ai déjà balancé au Chef, je pensais même que tu étais trouée et que la cousine, la passoire, fuyait moins que toi !
La passoire :
Je ne fuis pas, je filtre. (moqueuse) toi la balance saches qu’il ne faut qu’un trou pour faire une passoire et tu en as un dans ton aiguille.
La louche :
(Agacée) Minute ma cocotte, (moqueuse) je ne te trouve pas très aimable. La passoire a raison. N’oublie pas que toi la balance, tu n’es pas très fiable. Tu penches tantôt à droite, tantôt à gauche, tu as beaucoup de mal à trouver ton équilibre.
La balance (sur la défensive) :
Holà ! Il y a deux poids deux mesures ! On s’occupait du commis et pas de mes engrenages ni de mes amis politiques. Moi c’est mon intérêt en premier et je n’ai pas de secret, je les balance !
La louche (conciliatrice) :
On passe l’éponge sur ces échanges peu sympathiques, continuons à éplucher le commis.
La balance (accusateur) :
Tu vois, j’avais raison, il utilise la roulette à pizza pour se faire un rail, tu parles d’une sauce au pistou, c’est encore le coup du père François !
La roulette à Pizza :
(Sensuellement) J’aime quand le commis me prend délicatement dans sa douce main et que je peux sniffer la coke. (menaçante) Arrête de le balancer sinon ce ne sera pas pour toi le coup du père François, mais celui de la roulette à pizza.
La louche :
(en riant) Je vais lui préparer un bon bouillon de minuit et dégouliner de partout. (moqueuse) Regarde, il a déjà la tremblote.
La balance :
(agacée) Et qui va encore se prendre une giclée sur les aiguilles ? C’est bibi ! Il est en plein trip. (moqueuse) Il a saisi l’éplucheur et le tire-bouchon pour dégager les trous de ta cousine ! (Solennelle) On est en plein polar : meurtre de la passoire sous les yeux bigleux de la louche !
La louche :
(apeurée) Attention, voici le Chef avec son rouleau à pâtisserie ! (autoritaire) Espérons qu’un bon coup bien mérité sur la tête du commis va lui remettre les idées en place.
La balance :
(Soulagée et satisfaite d’elle-même) Grâce à mes infos, le gang du Bof a été démantelé et nous sommes sauvés d’une décrépitude assurée et d’un manque certain de reconnaissance ! (sujestive) J’ai un copain qui bosse à l’Instant Bouillon près des Sables-d’Olonne, tu me suis ?
SCÈNE 2
Danielle : le rouleau à pâtisserie / Hélène : la roulette à Pizza
Le rouleau à pâtisserie (Froidement) :
Salut Pizz !
La roulette à Pizza (Froidement) :
Salut Pat'
Le rouleau à pâtisserie (interrogatif) :
Tu es en forme ce matin ?
La roulette à Pizza (tranchante) :
Ben oui, tu ne vois pas mon tranchant !
Le rouleau à pâtisserie (ironique) :
mais, l’as-tu aiguisé ?
La roulette à Pizza (de plus en plus agacée) :
pas ce matin, tous les sept jours, le jeudi, tu ne t’en souviens pas ?
Le rouleau à pâtisserie (moqueur) :
méfie-toi ! Tu risques de ne pas faire de beaux sillons.
La roulette à Pizza (accusatrice) :
Occupe-toi de l’épaisseur de ta pâte feuilletée. Je te rappelle que ce n’est pas la bonne pâte pour faire des spaghettis. Ce n’est pas ce qui est prévu au menu ce midi !
Le rouleau à pâtisserie (subjective) :
moi, j’aimerais bien qu’on en fasse, il y a des Italiens qui viennent.
La roulette à Pizza (agacée) :
Tu ne crois pas qu’ils en ont ras le bol des spaghettis ! Lance-toi plutôt dans une bonne quiche lorraine.
Le rouleau à pâtisserie (moqueur) :
Ah le cliché ! La quiche ! Trop banal, toi la Lorraine, tu n’en démords pas.
La roulette à Pizza (irritée) :
Fais comme bon te semble, tu commences à me courir la roulette sur la tête.
Le rouleau à pâtisserie (ironique) :
Et toi, tu crois que je me les roule et ne cherche pas de bonnes idées originales.
La roulette à Pizza (lassée) :
Bon, ce jour, on ne s’amalgame pas bien ; fais comme tu veux, pareil pour moi.
Le rouleau à pâtisserie (en riant) :
Allez ! On ne se prend pas « l’chou à la crème » (ah, ah, ah), trouvons une idée : « éclair au chocolat » (ah, ah, ah).
La roulette à Pizza (désabusée) :
Wouais… tu as raison, unissons-nous : un rouleau et une roulette à pizza, çà a toujours fait bon ménage, non ?
Le rouleau à pâtisserie (en riant) :
C’est vrai : un rouleau à pâtisserie çà sert toujours dans un ménage…
La roulette à Pizza (tranchante) :
et une roulette çà décime les angles !
SCÈNE 3
Jacqueline : la râpe — Edwige : l’éplucheur — Loïc : le tire-bouchon
la râpe (râleuse) :
Oh là là, quelle journée ! Dès ce matin, le chef cuisinier m’a oublié dans un fond de tiroir ! Je sais bien qu’une râpe ce n’est qu’un ustensile secondaire, mais quand même !!!
l’éplucheur :
(interrogatif) Où sont passés mes légumes ? (Angoissée) Je ne les trouve plus dans cette cuisine ! J’ai un paquet de carottes, de pommes de terre, de courgettes, de navets, de céleri, je suis dans de beaux draps si on ne les retrouve pas dans une minute !! Pas le temps d’être prêt pour le déjeuner !! Encore un sale coup du second !
la râpe (Plaintive) :
Vraiment, quelle journée infernale ! L’éplucheur ne trouve plus ses légumes et l’heure tourne !
l’éplucheur :
(rassuré) Ah, ça y est ! je les vois ! Et la râpe m’attend, (pressé) il faut faire vite, elle va s’énerver. T’inquiètes, je fonce !
la râpe (énervée) :
j’houspille le second pour qu’il me retrouve, enfin, je suis au bord de la crise de nerfs....
l’éplucheur (soulagé) :
Heureusement, les carottes sont bien fraiches, la peau part toute seule ! Tiens, voilà…
La râpe (joyeuse) :
Merci, il ne faut pas que je traine, les carottes sont bien tendres et faciles à râper !
l’éplucheur :
On peut dire, (reproche) mais les courgettes ça ne s’épluche pas !
la râpe (autoritaire) :
Dépêche-toi, l’heure tourne !
l’éplucheur (effrayé) :
Tiens !!! Je viens de me couper avec cette sale lame de rasoir !
La râpe (angoissé) :
Catastrophe ! vite du désinfectant vite, un pansement…
L’éplucheur :
(agacé) Bon ! le Chef cuisto m’appelle, me gueule dessus, la julienne de légumes ne sera pas prête… Quel râleur celui-là ! (interrogatif et autoritaire) Et la râpe, t’en es où ?
La râpe :
(autoritaire) Reprends tes esprits, (fière) nous avons toujours été au top, nous sommes des pros !
l’éplucheur (moqueur) :
À côté, le tire-bouchon se la coule douce ! Ouvrir une bouteille ! il n’est pas trop fatigué
La râpe (interrogatif et ironique) :
Crois-tu qu’il demanderait à son Chef de nous payer un bon verre de vin pour le travail accompli ?
Le tire-bouchon (exaspéré) :
Vous poussez le bouchon un peu loin, le tire-bouchon en a ras le bol de vos cancans. Il va se tirer de cette cuisine de jaloux, d’aigris, de commères. Il ne demandera qu’une chose au chef qu’il vous rabatte à tous vos caquets.
SCÈNE 4 :
L’éponge : Héléna : l’éponge / Chouchou : la Passoire
La passoire (désabusée) :
J’égoutte
L’éponge (désabusée) :
J’essuie
La passoire (agacée) :
J’égoutte un trop-plein de conneries !
L’éponge (plaintive) :
Et patratras, je suis obligée d’essuyer tes bêtises.
La passoire (ironique et suspicieuse) :
Oh, madame l’éponge, trop polie pour être honnête.
L’éponge (énervée) :
Bien sûr, je suis obligée de polir tes surfaces.
La passoire (pleurnicheuse) :
C’est quoi cette affaire, je me rétracte !
L’éponge (péremptoire) :
Ah, ah, attention, je vais me plonger dans la casserole pour absorber l’eau
La passoire (menaçante) :
Et dis donc, ne me prends pas mon travail !
L’éponge (ironique) :
Ah, ah, quel travail ! C’est éphémère.
La passoire (interrogative et méfiante) :
Éphémère, mais que veux-tu dire ?
L’éponge (assurée) :
Moi, je suis là tout le temps, avant, pendant et après.
La passoire (moqueuse) :
Oh, Madame l’éponge, la reine de la cuisine !
L’éponge (plaintive) :
Reine, pas du tout. On me presse, on me tord. Je subis toutes les tortures. Je suis martyrisée à tout bout de champ.
La passoire (ironique) :
Te voilà qui te plains maintenant. Ne deviendrais-tu pas parano, ma pauvre éponge.
L’éponge) :
(accusatrice) À mon tour de me moquer de toi, madame pleine de trous. Tu ne sers à rien. Tu ne peux rien garder. (en riant) Tu peux juste servir de chapeau pour faire le clown.
La passoire :
(sur la défensive) Oh moins je fais rire les gens. Quel rôle indispensable dans ce monde hostile !
L’éponge (elle s’approche de la passoire et l’étreint) :
Arrêtons de nous chamailler, on va passer l’éponge
SCÈNE 5
Loïc : le tire-bouchon / Estelle : la cocotte-minute / Annick : la louche / Héléna : l’éponge
Le tire-bouchon (pressé, stressé) :
Attendez-moi, j’arrive !
La Cocotte-Minute (rassurante) :
Minute, je suis là.
Le tire-bouchon (interrogatif) :
Quel vin voulez-vous que j’ouvre ?
La Cocotte-Minute (interrogative) :
Je cuis un pot-au-feu.
Le tire-bouchon (assuré) :
D’accord, je débouche un bordeaux de derrière les fagots
La Cocotte-Minute (péremptoire) :
Attendez, j’envoie la vapeur !! PSCHHHH !!
Le tire-bouchon (prévenant) :
pas sur la bouteille ! ça va chauffer !
La Cocotte-Minute (agacée) :
Ne pousse pas le bouchon !
Le tire-bouchon (moqueur) :
Non, moi je le tire !!!
La Cocotte-Minute (rassurante) :
Il n’y a pas le feu, même si le pot est au feu !
Le tire-bouchon (prévenant) :
Ne pousse pas trop la pression, je débouche !
La Cocotte-Minute (sensuelle) :
Ça sent bon, j’aurais besoin de la louche.
Le tire-bouchon (moqueur) :
Elle a l’air louche, profitons-en !!
La louche (énervée) :
Normal que j’ai l’air louche, je louche sur ta bouteille, le tire-bouchon, j’en ai marre de servir de la soupe infâme !
Le tire-bouchon (en chantant) :
Buvons un coup, buvons en deux, mais à la louche
La Cocotte-Minute (en colère) :
J’m’en balance de la louche, je jette l’éponge, je suis au bout du rouleau !
L’éponge :
(menaçante) C’est ça ma cocotte, essaye de me jeter tu verras ! (plaintive) j’en ai marre d’être le souffre-douleur ici et d’absorber l’indigeste.
Le tire-bouchon (ironique) :
Le torchon brûle !!! L’éponge devient parano !
La cocotte-minute (sensuelle) :
Deux heures de cuisson, qu’est-ce que ça sent bon !
Le tire-bouchon :
(vif) J’ouvre une deuxième bouteille POP !, (sensuel) attends un peu, je renifle le bouchon. Ça devrait être bon.
La cocotte-minute (autoritaire) :
Je remplis les assiettes, tu remplis les verres.
Le tire-bouchon (satisfait et soulagé) :
Regarde les convives, ils se régalent !!
La cocotte-minute (critique) :
Il y en a qui boivent comme des éponges !!
L’éponge :
(interrogatif) Mais qu’est-ce que je t’ai fait ma cocotte. (explicative et agacée) Je ne suis pas alcoolo, on me surnomme L’eaulo, je ne bois que de l’eau comme la passoire qu’on appelle Chouchou, deux fois « chou », (interrogation ironique) va savoir pourquoi ?
La cocotte-minute (envieuse) :
L’eaulo, je rêve, je préfère deux choux à deux verres d’eau. Tu devrais en avoir marre comme moi de l’eau, j’envie la casserole dans laquelle le chef mitonne d’odorantes sauces.
Le tire-bouchon (énervé) :
Et moi ma cocotte au rythme où ils boivent, je vais avoir le tournis et attraper un torticolis !
La cocotte-minute (interrogative et exténuée) :
Quand est-ce que j’aurai une minute à moi ?
Le tire-bouchon (énervé) :
À déboucher sans arrêt, on va vider la cave.
La cocotte-minute (lasse) :
Vivement la vaisselle, que je prenne ma douche !
Tire-bouchon (rassurant) :
Ça va t’en boucher un coin, je baisse la vapeur.
La Cocotte-Minute :
(heureuse) Regarde maintenant, ils dansent, c’est le bal de Sables Accueil !
Tire-bouchon :
– Béatrice se balance,
– Hélène roule sur la piste,
– Martine valse,
– Danielle danse le twist,
– Hélène danse le Jerk,
– Edwige se trémousse,
– Chouchou chante à tue-tête,
– Jacqueline est une bonne rappeuse.
La cocotte-minute (joyeuse, elle se met à danser avec le tire-bouchon) :
Quel repas de fin d’année inoubliable !
/image%2F6848956%2F20251028%2Fob_b5fc43_carafe-et-eponge-jpg.png)
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FnO11k7N4b2c%2Fhqdefault.jpg)