Défi 323 des croqueurs de mots : du grain de café au grain de folie

Publié le par Martine

Pour le défi 323 des croqueurs de mots la consigne est

- le monde à venir nous questionne. Ensemble, inventons-le !

10 mots sont imposés : alunir, anticipation, continuum, dystopique, humanoïde, particule, programmer, sidéral, théorie, transmuter.

Quand j'ai découvert ce défi, j'ai failli y renoncer car je vis maintenant exclusivement dans le présent sans ressasser le passé et surtout sans me projeter dans l'avenir qui pour moi sera court. Je ne veux surtout pas inventer le futur. "Carpe diem" est ma devse.

Je participe à tous les défis des croqueurs, j'aime bien Jeanne Fadosi, ce n'est pas virtuel, nous nous sommes rencontrées. J'ai réfléchi à ce que je pourrai écrire en évoquant un peu le futur, mais en restant dans le présent. Je suis partie du début d'un de mes écrits anciens dont j'ai changé la fin. Je sais Jeanne je suis hors sujet parce que j'ai voulu fabriquer le futur sans y réussir vraiment, c'est le moins qu'on puisse dire !

Mon texte ci-dessous avec en rouge les mots imposés. 

 

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Défi 323 des croqueurs de mots : du grain de café au grain de folie

DU GRAIN DE CAFE AU GRAIN DE FOLIE

Je ne sais pas ce que j’attends

Je ne sais pas ce qui m’attend

Je ne sais pas à quoi je tends

Mais je demeure très impatiente

Impatiente, mais assez confiante

C’est tout de même angoissant

Je voudrais du futur être consciente

Et si j’allais consulter une voyante.

Après avoir écrit ce court poème, je décide d’aller interroger Eusébie Zarroid qui se prétend extra-lucide. J’arrive au pied de son immeuble haussmannien dans un beau quartier de Paris. Je sonne à l’interphone, J’entends une voix féminine doucereuse, me dire

  • qui-est-ce ?

Avouez que c’est surprenant pour une médium, elle devrait le savoir !

Je lui réponds en riant,

  •  devinez ?  

Sans se laisser ébranler par ma répartie, elle me répond

  • Une femme méfiante dotée d’humour

J’apprécie et je décline mon identité

Je monte l’escalier et sonne à la porte à double battant de son appartement. Une femme, aux cheveux très bruns relevés en chignon recouvert par un foulard panthère, m’ouvre et se présente en me serrant la main :

  • Eusébie Zarroïd.

Elle a vraiment l’air bizarre, elle porte bien son nom. J’ai envie de fuir, mais, subjuguée par son regard, je ne le peux. Elle me demande de patienter cinq minutes dans la salle d’attente et me propose un café. Je la remercie et je me marre en lui répondant :

  • C’est très gentil, merci, Madame, ainsi vous obtiendrez du marc pour y voir mon avenir !

Elle rit et m’assène :

  • J’en ai eu marre de lire dans le marc, je préfère interroger le sucre en poudre. Je n’en ai plus assez, votre café en sera dépourvu !
  • Je suis venue consulter une extra-lucide, pas une extra-glucide !
  • Très drôle ! Je vous laisse pour préparer votre boisson.

Elle revient en affichant un air contrarié et m’informe que sa machine récemment achetée, un robot dernier cri refusant de lui obéir, elle ne peut m’offrir un café.

Je lui propose mon aide. Comme elle, je travaille par anticipation et prévois le futur technologique, hélas pas le mien ! Chercheuse dans un bureau d’études d’électroménager, j’ai développé une théorie quantique sérieuse sur le continuum du grain à la tasse en passant par l’essentielle particule aromatique. Je peux essayer de programmer et faire fonctionner son appareil.

Elle accepte et je l’accompagne dans sa cuisine. Elle tente de démarrer l’engin, en vain. Logique, elle a oublié de le brancher, ce qui se révèle aussi sidéral que sidérant et, avouons leu, un peu dystopique !

Je le connecte, l’écran s’allume et affiche « choisir la boisson ». Je sélectionne « expresso », la machine réfléchit. Un humanoïde nain holographique surgit sur le moniteur de contrôle et d’une voix métallique s’exprime :

  • Pendant que tu t’occupes des idées, je me charge de transmuter les grains selon le protocole aromatique.

Avec ces robots le problème ne réside pas dans le grain de café, mais dans le grain de folie et je ne peux m’empêcher de manifester mon impatience

  • Je m’en moque de la transmutation, je souhaite juste une tasse de café

L’humanoïde réagit :

  • Silence, attachez vos ceintures, nous allons bientôt alunir sur la capsule costaricienne.

Je deviens folle moi aussi, je me tiens au plan travail dans la crainte d’un abordage violent. Eusébie éclate de rire sans indulgence pour mon aérophobie qu’apparemment elle n’a même pas devinée. Ma tasse se met à trembler, chouette ! Je vais déguster un excellent arabica. Ô rage, Ô désespoir, tous les voyants s’allument et l’humanoïde au bord de la syncope s’exclame :

  • « Erreur système, nous avons transmuté toutes les particules de café en idées ».

Je suis dévastée, je vais démissionner. Je suis en train de créer des machines qui pensent, mais n’agissent plus.

Eusébie moqueuse rajoute :

  • Et en plus, vous avez oublié de mettre de l’eau ! Ah la savante experte en théories et solutions complexes qui n’aboutissent pas, mais incapable d’accomplir les tâches les plus simples, vous me faites rire.

Je rabats son caquet à cette diseuse de mauvaise aventure :

  • Savez-Vous ce qu’elle affirme la scientifique ? Vous êtes une médium inapte à brancher une prise électrique, mais coupable d’exercer une emprise maléfique sur vos clients. Sans bonne prise, le courant ne passe pas avec moi. Je continuerai mes expériences et je trouverai.

Eusébie en me jetant un regard aussi noir que le marc de café de la machine l’examine et s’écrie :

  • Je vois, je vois !
  • Qu’est-ce que vous visualisez ?
  • Je vous découvre en chercheuse, non pas de technologie du futur, mais d’emploi que vous ne dénicherez pas !
  • Très bien, revenons dans le présent. Je n’ai plus besoin de connaître mon avenir surtout celui que vous me prévoyez. Carpe diem 

Ô rage, ô désespoir, ô temps qui vite fuit

Otez le long espoir à vos instants fortuits

Recevez chaque instant comme un cadeau divin

Aujourd’hui sans hier et faux ami demain

Cueillez le jour présent, ô il sera sublime

Et chantez carpe diem jusqu’à l’instant ultime

  • Alors la chercheuse qui poétise, inutile de vous retenir, le présent, qui ne m'intéresse pas, se vit et ne se devine pas.
  • Je vais partir, Madame la diseuse de mauvaise aventure. Mais avant, je vois que vous possédez du thé, prenons en un ensemble ? Je vais mettre de l’eau à bouillir !

Publié dans Croqueurs de mots

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D
Si la technologie est l'outil, l'humour reste le pilote. L'humour nous distingue des machines face au sérieux du monde. Alors moi je te dis bravo pour ton humour et ton écriture pleine de vitalité !!!
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N
J'ai adoré ton histoire de mauvaise aventure :) Espérons que la bouilloire ne fasse pas des siennes non plus !
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A
C'est tout toi, et j'ai passé un bon instant lecture, merci.<br /> P.S : rien de tel qu'une cafetière Bodum (désolée pour la marque, je ne sais pas comment l'appeler, si ce n'est simplissime), si elle ne fonctionne pas, c'est toi qui est en panne, soit de café, soit d'eau chaude :-)
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G
Je suis revenu voir et lire ton super texte, pour encore feuilleter ton intéressant blog.<br /> Je suis en ce moment au Barcarès, le vent souffle très fort du 90 km/h !<br /> Mais dehors le bon soleil est super et le ciel bleu n'a pas de nuage !<br /> Je te souhaite de passer un bon et agréable jeudi. Cordiales amitiés & à +
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J
quelle tirade Martine et tous ces jeux de mots...je me suis régalé de ce breuvage que tu as excellement préparé...<br /> Je reste en pause tant que je n'ai pas de lunettes...l'écran est trop flou pour corriger et grossir l'écran n'est pas facile tout le temps<br /> je t'embrasse
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E
Bravo pour ce dialogue très drôle. Oui, profitons du moment présent. Bonne journée et bisous
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M
Bonjour, merci pour cet instant d'humour, avec l'âge j 'en conclue qu il ne vaut mieux pas connaitre notre avenir pour différentes raisons, de plus j 'y crois pas en ceux qui disent voir l'avenir, bonne journée, bisssss de MARYDOM
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G
J'ai beaucoup apprécié ton article :<br /> merci pour cet agréable partage .<br /> Je te souhaite de passer une bonne soirée. <br /> Cordiales amitiés & à +
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M
un plaisir de lire ton texte, joyeux et drôle merci pour ce partage
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M
Tu es tout à fait dans le présent finalement parce que nous avons déjà dans nos maisons des machines ou objets capables de nous parler et qui ne nous écoutent pas vraiment :) Merci de nous faire rire. Tu as raison de vivre dans le présent et de profiter du printemps et de tes proches, nous devrions tous le faire aussi sans se soucier du lendemain car on ne sait rien de ce qui nous attend. Bisous et une douce semaine
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A
C'est une nouvelle, une histoire qui se lit facilement. Les temps changent. Ou sont les tasses d'antan ? Bises
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M
Quelle plume, Martine ! <br /> J'ai dévoré ton texte comme on regarde une bonne comédie.<br /> Ce face-à-face entre la chercheuse en électroménager et la médium Eusébie est un pur délice. <br /> Ton humanoïde nain qui parle de "capsule costaricienne" m'a bien fait rire. <br /> C'est amusant de voir cette machine capricieuse qui refuse d'obéir : <br /> Étant moi-même très dépendante de la technologie pour mon quotidien, je suis bien contente que les miennes soient plus fiables que ta machine à café ! <br /> Un immense bravo pour cette dose de bonne humeur.<br /> Bien amicalement, Marie Sylvie
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E
bonjour Martine, un vrai régal à lire ton texte ! Ce n'est pas du café réchauffé :-) mais une très belle participation. Je t'embrasse
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J
Mais bien sûr que si Martine, tu es dans le sujet ! et de la plus belle manière ! merci pour ton effort et profites du printemps qui doit se manifester en fleurs et en odeurs dans ton jardin et de l'instant présent et de la caresse du soleil et du vent iodé sur son visage.<br /> bien amicalement
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J
Tres originale cette visite chez la diseuse de mauvaise aventure. J'adoe la prise de tête avec la machine à café Bonne soirée <br /> Bises
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.
au top .....merci Martine ♥️♥️
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Z
Coucou Martine.<br /> Quelle prise tête avec cette machine à café dernier cri ! 😂<br /> Bises et bon dimanche – Zaza
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A
Kikou Martine,<br /> <br /> Bravo pour ton beau texte.<br /> Pas tant que ça hors sujet...<br /> Tu t'en est sortie avec une pirouette, haut la main.<br /> Bon printemps et bon dimanche.<br /> Gros bisous ♥ Aimée
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J
Bonjour Martine... ni café ni thé, verse moi une petite mousse et au diable les prédictions.... bises jill
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