Mot mystère 45 : Je suis bigorexique
Le mot mystère 45 à trouver est "BIGOREXIE" : forme d'addiction spécifique à l'activité physique. Celle-ci est alors pratiquée très fréquemment, jusqu'à plusieurs fois par jour, ou très intensément :
Le lien avec le défi de lilou : https://lilousoleil.com/2026/06/08/le-mot-mystere-45-le-mot/
Ci-dessous mon écrit avec les anagrammes en 5 lettres de bigorexie
Je suis bigorexique
Ce défi de Lilou se révèle une occasion pour moi de vous avouer que deux affreux jojos habitent mon cops. Un crabe depuis 2016 n’arrive pas à me quitter tant il en pince pour moi malgré tous mes efforts pour le chasser. Mon oncologue m’avait recommandé de pratiquer un sport pour mieux supporter les traitements. Je l’ai écoutée et me suis mise à marcher, galoper, nager, faire de la gymnastique, bouger en permanence. Je suis devenue bigorexique. Non, athée, je ne risque d'être bigote. Bien Pire ! un coach tyrannique et fou squatte désormais mon cerveau et s’interpose à chaque fois que j’aspire au repos. Chaque matin vers 4 h 30 il me réveille et exige « lève-toi, il est temps d’aller courir » Bigre ! je n’ai qu’une envie : arrêter de gober ses paroles et rester lovée sous ma couette beige douillette et chaude. Je le hais, mais je lui obéis chaque jour en hiver, comme en été, je m’habille et pars pour deux heures de marche rapide. Cela ne lui suffit pas, il hurle : « ne te traine pas telle une tortue, cours ! Tu dois t’entrainer pour la Joséphine à La Roche-sur-Yon et, pourquoi pas, les 10 km des Sables-d’Olonne, tu as déjà participé à cette compétition et tu l’as finie classée. Tu en restes encore capable ». Oui, je le peux physiquement et le jogging me manque alors parfois j’accélère ce qui me procure un plaisir intense. La dopamine efface toutes mes douleurs. Hélas, mes pieds en payent le prix : des ampoules énormes y éclosent de toutes parts, de quoi éclairer une cave. Je rentre à la maison et je n’ai qu’une envie m’asseoir quelques instants. J’entends la voix en moi de mon coach, l’affreux jojo qui s’interroge « Martine s’approche du canapé… suspens… ! Va-t-elle s’y affaler ? Non, je débute des exercices pendulaires avec mes bras peu sollicités par ma marche aux aurores. Ensuite, je me douche, puis me lave les dents avec vigueur.
Dans la matinée je retrouve mes amis d’aquafitness et d’aquapalm. Rentrer dans l’eau me procure un grand plaisir. Je commence à papoter avec Chantal, Ogier, Thérèse, Joëlle et bien d’autres. Soudain la voix de l’affreux retentit dans mon crâne « arrête de jacasser ou parle en t’échauffant, c’est bon pour tes muscles ». Je me dandine, réalise des uppercuts dans le vide comme si j’étais en train de boxer. Par mimétisme, certaines de mes copines m’imitent. Je crois utile de m’excuser en leur disant, j’ai froid, cela me dégèle.
En début d’après-midi, je ressens une grande fatigue. Je m’apprête à prendre la voiture me rendre au supermarché. « Vas-y à pied, cela te fera du bien », m’ordonne mon coach. Vous pensez que je maigris, et bien non, mais je ne grossis pas. Pour pouvoir choisir des tailles plus petites, je ferais mieux de tourner dans la chaleur d’un sèche-linge et je rétrécirais à coup sûr.
Quand je réside à Paris chez ma fille qui habite au 3e étage, j’appelle l’ascenseur. Il n’arrive pas immédiatement. La voix du cruel squatteur, qui voudrait que je réalise des squats, retentit dans mon crâne : « Monte l’escalier à Pied et tu verras Montmartre ». Je sais que je n’apercevrais pas le sacré cœur pour faire mentir la chanson, pas plus les berges de Seine pourtant proches. Je risque par contre d’épuiser mon palpitant en tentant d’aller plus vite que l’élévateur souvent en panne. J’arrive tout essoufflée chez ma fille qui possède l’art de me culpabiliser et m’assène « Pourquoi n’as-tu pas pris l’ascenseur ? ».
Quand j’anime mes ateliers d’écriture, je suis assise. Mon coach ne supporte pas cette sédentarité. Il me crie « Martine, profites-en pour crisper tes abdos » et moi j’approuve et personne ne se rend compte que je pratique du sport clandestin. Mon ventre n’en peut plus d’être contracté, il rêve d’être gonflé comme le ventre d’un homme qui passe ses soirées à boire de la bière.
Ne vous inquiétez pas pour moi, je suis comme je suis, une septuagénaire atteinte de bigorexie. Je ne tiens pas à changer. Cette addiction contribue à garder ma forme physique et mon moral, deux atouts importants pour que mon traitement reste efficace sans trop d’effets secondaires.
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