Mot mystère 45 : la pimpesouée du marché
Pour le mot mystère 45 le mot à trouver était pimpesouée (mot ancien signifiant Femme à manières prétentieuses et ridicules)
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pour le lundi 06 juillet tirage 46 - 10 lettres - nom fémininun mot magnifique, trésor du vieux français (et de nos patois régionaux) qui a une saveur formidable. E, E, E, I, O, U, P, P, M, S ...
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La Pimpesouée du marché
Clémentine a revêtu aujourd’hui une longue robe rouge qui moule à merveille son corps de reine. Elle a retenu ses cheveux longs dans un turban noir. On pourrait la prendre pour une actrice vedette qui va monter les marches du Festival de Cannes ou une diva d’un tableau de musée. Pas du tout, c’est une simple ouvrière qui se prend pour une princesse, une pimpesouée comme l’auraient surnommée nos anciens. Elle se dirige vers l’étal du maraîcher bio non pas par conviction écologique, mais parce que c’est tendance. L’odeur terreuse des légumes lui monte au nez. Elle interpelle Paul le maraîcher :
- vos légumes puent la campagne Monsieur.
L’homme la connait bien et lui rétorque :
- Ils baignent dans le parfum très tendance « l’air du temps », pas celui de Nina Ricci, celui des jours de pluie dans la campagne. Si vous voulez des oignons qui sentent bons, les miens sont recouverts d’un parfum mélange d’opium et d’ipomée qui vous ne vous fera pas pleurer, mais vous rendra joyeuse et sympathique ce qui vous changera.
- Arrêtez d’en faire tout un poème, je vais regarder vos produits de plus près.
Elle observe chaque légume, en touche même certains et s’exclame
- Vos carottes sont toutes tordues, chiffonnées, vous devriez les repasser avant de les vendre.
- Pour cela, madame, il faudra prendre un abonnement premium « repassage des légumes » ; Ainsi les carottes seront cuites pour vous.
- Ok, je le prendrai peut-être, mais il faudra également que vous rasiez le cul de vos poireaux qui sont barbus comme un capucin.
- Cessez de me raconter des salades. Mes poireaux sont sauvages et tiennent à leur virilité si on les transforme en eunuque, ils pourraient vite dépérir. Vos idées saugrenues me défrisent.
- Vous feriez mieux de défriser votre persil et de passer vos navets qui dépriment sous une machine à bronzer.
Les clients, qui font la queue derrière elle, commencent à s’impatienter, une vieille femme l’interpelle
- Eh la poupée bourgeoise si vous ne voulez pas manger les pissenlits par la racine arrêtez de nous prendre le chou en ramenant sans arrêt votre fraise.
Clémentine, émue et apeurée par les menaces de cette femme qui en impose, s’empare d’une botte de radis. C’est bien connu, ces racines ne valent pas un radis. il sont achetés par des gueux dans la mouise. Elle se sent épuisée par son épopée dans ce marché. Tant pis, elle va les prendre. Elle demande néanmoins au maraîcher si la promotion sur ce légume s’adresse aussi aux personnes raffinées comme elle.
Paul lui répond d’un air ironique :
- Bien sûr Madame, même aux cas désespérés
Martine MARTIN
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