Défi 327 des croqueurs de mots : Merci pour ce prénom
Pour le défi 327 des croqueurs de mots, Marie Sylvie nous demande d'écrire un texte avec 25 mots imposés.
Quand je découvre ce texte, je me dis pour moi c'est impossible, je déteste les mots imposés qui bloquent mon imagination et m'empêchent de prendre du plaisir à écrire, j'ai besoin de toute ma liberté pour vous raconter une histoire, vous offrir un poème. Je fais un effort pour certains défis comme celui de Lilou, il y a au minimum 5 mots imposés ce qui est pour moi déjà difficile, alors 25 !!!
Mais c'est le défi des croqueurs de mots et je n'imaginais pas ne pas y participer. Pour Marie-Sylvie qui a imaginé ce défi, il fallait que j'y participe. J'ai repris un vieux texte que j'avais écrit suite à la lecture d'un article où j'avais lu que Ségolène Royal avait un chat. Cela m'avait inspiré à l'époque. Je l'ai modifié juste un peu pour y ajouter les 25 mots. Je n'y ai pris aucun plaisir, je l'avoue c'était une corvée, mais j'ai participé.
Merci pour ce prénom
Je m’appelle Chabichou et ce nom ridicule dont on m’a affublé va finir par me faire devenir chèvre.
J’habite un bel et immense appartement douillet à Poitiers, un vrai labyrinthe, où m’a maîtresse m’a installé après m’avoir adopté dans un élevage près d’Angoulême où je suis né et n’avait pour seul horizon qu’une chatterie. Je rêvais de m’échapper pour rejoindre le champs voisin si beau sous la brume matinale avec son lac aux reflets dorés. Chat de Charente, je vis sur mes rentes ou plutôt sur celles de ma patronne. Elle est belle comme une madone, la châtelaine Ségolène avec ses yeux émeraude. Le soir elle écoute de la musique, souvent des symphonies aux vibrations qui ravissent mes oreilles. C’est Royal ma vie. Elle devrait m’appeler PACHA ou CHABIJOU. Elle me fait plein de chatouilles et j’adore cela, enfin quand je suis disposé. Je la remercie en chaloupant de la croupe et en me frottant sur ses jambes.
Depuis quelques mois elle est très occupée et me délaisse ce qui me chagrine et me rend d’humeur chafouine. Je suis de nature jaloux, j’espère qu’elle n’a pas trouvé ailleurs, au cours d’un de ses voyages, un autre chat. Elle reçoit souvent des bouquets de roses dont les pétales qui tombent m’amusent un moment. J’aimerais pouvoir percer cette énigme pour moi. C’est insupportable, j’en perds la boussole. Quand elle revient, Elle m’adresse son plus joli sourire, murmure à mon oreille. Je garde le silence, je la fuis, je boude.
J’aime les stylos, tous les stylos. Dès que j’en vois un, je ne peux pas résister à la tentation. Je fais des acrobaties pour l’attraper et m’en saisir. Elle m’a pris en photo avec l’un de mes trophées en riant. C’est vrai que je suis photogénique et que j’aime bien être la vedette, mais elle n’a pas intérêt à m’approcher et à me voler mon Bic, mon stylo préféré, puisque comme moi il a un nom de chèvre. Soudain une étincelle éphémère s’allume dans mon âme : un souvenir de ma vie d’avant me revient. J’ai été auteur dans une autre vie et j’ai écrit de nombreux romans à la plume. Ma renaissance en chat me plait. Curieusement, J’ai une vie de pacha maintenant.
Elle a renoncé à me prendre le stylo. Je vais attraper le bloc de feuilles de papier. C’est décidé, je me trouve à un moment charnière de ma vie, je vais rédiger mes mémoires insolites. Je suis un vieux matou, j’en ai des choses à raconter. Un chat qui écrit ses mémoires cela ne s’est jamais vu me dites-vous ? Sur ce blog, que suis-je en train de faire d’après vous ? De plus un âne avant moi, Cadichon maltraité par sa maîtresse, les a bien écrites ses mémoires (*), il devait être du Poitou.
C’est certain, mon livre aura du succès et deviendra un bestseller. Derrière le chat mot que je suis, il y a un chameau qui dort et va se réveiller. C'est une belle vengeance que je prépare à Ségolène. J’y raconterai tous les supplices qu'elle me fait subir. Par exemple, sous prétexte que j’ai les gencives qui s’irritent en permanence, ce dont je souffre, elle m'a fait retirer beaucoup de dents. Je suis maintenant un sans dent comme elle dit. Encore une humiliation mais comme je suis un chat qui positive j’y trouve des avantages. Finies les croquettes, elle me nourrit avec de la bouillie, des poussières de viande et de légumes. Avant je puais de la gueule, une vraie odeur de chabichou ou de chacal, maintenant j’ai une haleine de jeune premier.
Pour soigner toutes mes petites douleurs, dans la salle de bains, elle m’ouvre la gueule, y jette des petits cachets qu’elle me fait avaler de force : Un vrai supplice. Y penser me donne des frissons.
Je pourrais vous citer toutes nos chamailleries et ses humiliations. Je pourrais aussi vous parler de la vie de ma maîtresse, de ses secrets, et de ses amours. Vous brûlez d’impatience de les connaître, n’est-ce-pas ? Je préfère écrire avec mon Bic, quand je tape sur le clavier, la souris à mes côtés me perturbe. Alors désolé, vous allez devoir attendre que j’écrive ce livre pour les connaître. Il ne paraitra pas avant le printemps prochain.
Pour vous remercier de m’avoir lu aujourd’hui jusqu’au bout, je vous livre un scoop. Ce livre s’appellera « Merci pour ce prénom ». Surtout ne le répétez pas.
(*) Les mémoires d'un âne de la Comtesse de Ségur
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